I m gonna be a Reporter


Ramallah et moi, pendant trois mois

Posh Attitude

On se veut moins baroudeur, et plus honnête, suivez moi : ici.


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Publié à 01:35, le 19/11/2008, Ramallah
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Gadjis et Gadjos : trik la douille...


J'ai été à un concert de Hip Hop palestinien. Sans déconner.


The European Palestinian Hip Hop Tour. Voilà bien un nom plein de promesses. Portsmouth et moi même avons fait une competition de Bling Bling en écoutant IAM. Et le Géant Noir nous a conduites à Bethléem. Après s'être perdus dans la ville sainte, on a enfin trouvé l'espèce de centre culturel dans lequel le concert avait lieu. Disons les choses telles qu'elles étaient : dans un sous sol pas net, la génération MSN s'excite en capuches sur le son de Shadi, et Saz.

Le public avait entre douze et dix-huit ans. Quelques donzelles, mais surtout des petits mecs. Très apprêtés. Ils sont comme à Vitry sur Seine. Ils ont des sweats imitation American Apparel un brin barriolé, les casquettes de leur crew, des plaques militaires autour du cou, et des baggies avec des écussons jamaïcains. Mais côté belles baskets c'est uniquement sur scène que j'en ai vu de terribles. Zaki portait un modèle vintage Adidas fin 80. Bleu turquoise avec les bandes oranges et la languette rose pâle. Autrement dit un must, voire un collector.

Parlons en de cette scène, qui tenait plus du zoo qu'autre chose. Il y avait donc un bassiste avec une grosse moustache, une canadienne improbable, et une casquette publicitaire; il doit être d'origine américaine mais vit à Haifa. Mon ami belge à la batterie, lequel représentait vraiment la crevette blanche du crew. Un jeune joueur d'oud, et son presque jumeau caressant un qanun. Shadi a été la première à faire taire la horde d'ados. Cette fille est terrible. Elle portait une robe traditionnelle de Ramallah. Très belle, la crinière d'Angelina Jolie et le gabarit poids plume. Et une énergie qui achève de discréditer Diams.

Et après, le mastodonte Saz. D'abord déguisé en émir. Son tube, Hip Hop, est assez génial. Il l'a donc repris pour son public qui avait limite l'écume au lèvre. Avant de se changer et d'opter pour un tee shirt noir qui clame « Hip Hop is not dead! He is alive in Palestine! ». Il a littéralement retourné la salle. Provoqué une vague d'émoi incroyable. Mis ses fans plein de tise en transe. De toutes les prestations que j'ai vues, c'est peut-être la meilleure. 


C'était pas mal non plus de voir la tête des journalistes venus prendre des photos, et écrire leurs papiers. Un italien vraiment très stylé a failli y perdre son appareil photo. Et l'américaine blonde que je vois partout, y a définitivement laissé des plumes et un peu de fierté. Au milieu des Boo Yah Kah, et de la critique de Babylone Israël; bizarrement ils n'avaient pas l'air aussi à l'aise qu'à l'ouverture du festival du film au début de la semaine.


Et l'after party... Un roman. Après un festin aux proportions délirantes, ils sont tous allés au Cosmo. Mais avant ça, ils se sont filmés sur le parking.


C'est curieux de réaliser que le berceau du vocabulaire du rap français est définitivement ici (choufchouf, c'est ton maktoub, un diez, le dawha, hallam, hatai, nikoumouk,...). Et ici, comme en France, la terminologie du ghetto est omniprésente (GOAT, zuli, mic, Kho, foolek,...). Depuis que je suis en Palestine j'ai rarement autant eu l'impression de parler arabe. Mais en même temps, les rappeurs français m'ont l'air un peu ridicules maintenant. Est ce du au fait que je viens de découvrir que leur culture n'a pas grand chose de révolutionnaire? Ou bien est ce le fait que leur cause semble légèrement moins capitale?


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Publié à 02:47, le 15/11/2008, Bethléem
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Enième chronique de la nuit

 

Après un passage éclair chez le Francophone par excellence, une courte visite à la communauté gay flamboyante de cette ville, une troisième soirée ne promettait rien de fabuleux.

C'était sans compter sur Winston Churchill Jeune. Ce palestinien de Jérusalem qui est anormalement grand et large, porte une paire de Mikli et des pulls en cachemire. Impossible de le louper. J'avais déjà nagé très tard avec lui au Bar des Pins, et assisté à quelques uns de ces éloquents discours sur la condition des palestiniens; mais hier soir il était particulièrement en forme.

Personnalité atypique; à la fois victime de sa clique, superficiel bien que torturé, et qui se sent si souvent coupable. D'habiter à Jerusalem, d'avoir plus voyagé que d'autres, de ne pas vraiment savoir ce qu'est la vie ici ou à Hébron, et dans d'autres villes de la Cisjordanie.

Bref, alors que la journée ce type est un boute en train merveilleux, et un géant timide et arrondisseur d'angles; la nuit il se saoule et pleure sur des épaules compatissantes. La dernière fois, il pleurait vraiment en se demandant pourquoi personne ne voulait faire de lui un palestinien. Ce soir, alors que nous avions une conversation géniale sur Dalida la seconde Intifida, il m'a chuchotée « il faut rentrer en France et tout leur dire ». Et pendant tout le reste de la nuit, dans un état second, le colosse se prenait la tête à deux mains en racontant toutes les anecdotes possibles sur ces internationaux prenant fait et cause pour les palestiniens. Ceux qui chantent aux checkpoints. Ceux qui embrassent la terre de Cisjordanie. Et les autres.

D'une part ça rappelle vaguement ces gens qui avant, pendant, après un voyage veulent à tous prix parler de « profiter » - voire « tirer le meilleur de cette expérience extraordinaire ». Ce qui met une pression insupportable à l'individu moyen (que je suis). D'autre part, jamais n'a été aussi évidente la responsabilité de celui qui vient ici. Le devoir de témoignage commence avec ces histoires surréalistes de visa, et je ne sais pas quand il s'arrête. Et surtout, sur quel ton le faire.


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Publié à 12:47, le 13/11/2008, Ramallah
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Demain j'arrête l'égo, les adjectifs, et les entrées de plus de 2000 signes

 

Aujourd'hui, j'ai rencontré la figure de Dieu à Ramallah. Et je peux vous dire que concernant la réalisation d'idéaux journalistiques, voire la concrétisation d'une vocation; ça ne va pas être easy les coquillettes.

Maintenant je trouve donc ce blog ringard, nul, insignifiant, et pas drôle. Il est temps d'opérer un remaniement ministériel de choc. De relire tout Pierre Desproges. D'enfin écouter Olivier Reboul. Et d'oublier Foucault Freud tout le reste.


A un moment même, j'écoutais Erik Satie, je me suis dit : « ouvrons le gaz, c'est fini, j'ai raté ma vie ».


Mais ce qu'il y a des bien c'est qu'ici, il suffit de chausser ses bottes de sept lieux et d'aller se promener derrière les jolies barres d'immeubles de Tireh, pour voir le soleil bâiller. C'est l'automne. En quelques jours, le froid de Sibérie nous est tombé dessus. Et il n' y a plus d'été indien qui tienne. Sur mon itinéraire de course, j'ai retourné la question les questions dans tous les sens.


Est-ce qu'à force d'avoir des icônes aux égos démesurés, et à force de les singer, on finit par tourner en rond autour de son nombril?

Est-ce qu'à force d'écrire pour des canards sans ambition, on finit par être cynique (ce qui expliquerait pourquoi Monsieur B. du Parisien est si brillant et si peu drôle)?

Est ce que finalement je me prend beaucoup trop au sérieux?

Pourquoi faut il toujours truffer le tout de blagues désinvoltes?

Faut il montrer de l'empathie à défaut de sympathie (bon, ok elle est pas de moi)?

Mais quand va-t-elle arrêter de prendre les critiques personnellement?



Je me torturais tellement le cerveau que je me suis perdue. Et je me suis retrouvée au milieu de nulle part. Vous allez me dire, comme d'habitude. Mais non! D'habitude j'écris « au milieu de nulle part » seulement quand il n'y a pas de panneau indicatif à l'horizon. Cet après midi, c'était vraiment nulle part. Sur le flanc d'une colline (effectivement ça, ça n'a pas grand chose d'improbable ici), entre des gros cailloux et des petits buissons réconfortants. Le paysage n'avait pas beaucoup changé. On voyait toujours Tel Aviv entre deux vallées. Il y avait toujours ces petits immeubles escarpés. Des maisons en ruines (-est ce que je vous ai déjà parlé de celle devant laquelle je passe pour rentrer à la maison? Basse, brune et verte? Il faudra qu'on s'en touche deux mots). Pas d'animaux sauvages, pas de poubelles gargantuesques, pas de taxis furieux. Pas de Chateaubriand, ... mais la nuit tombait, et c'était assez sublime.


Je me suis relevée dans tous les sens du terme. Lily Allen a remplacé Radiohead. Ce pays est fantastique.

Et une petite mise au point est nécessaire. A défaut de réponses divines, utilisons une méthode qui nous ressemble.

  1. Idée générale: Demain, je serai reporter.

  2. Paradoxe: Pour l'instant je ne le suis pas. Et mes tentatives ne sont pas marquées par des francs succès.

  3. Problématique: Quel sera le rôle du facteur temps dans la réalisation?


Et la thèse c'est « Oeuf Corse » (nous convoquerons Platon, Spinoza, et Derrida). Et mon plan... me paraissait très clair perdue dans ce charmant valon.


*Ceci est mon post le plus égocentrique, mégalomane, naïf, non journalistique, et neuneu de toute l'Histoire des Blogs. Mais pour une fois, ce blog porte bien son nom.


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Publié à 08:37, le 13/11/2008, Ramallah
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Culture

 

Liste des courses pour la soirée d'ouverture du Festival du Film Al Kasaba:

  • Un before où l'excité du bocal te monte le cervelet en neige en tentant de persuader que tu participe à la normalisation si tu y vas

  • Un diligent chevalier servant qui te trouve une invitation (avant de te rendre compte que tu n'en as pas besoin)

  • Un spectacle de cirque de rue improbable et superbe devant le Cinéma

  • Sept discours d'officiels touchants et longs

  • L'hymne des Palestiniens, durant laquelle la salle se lève

  • Un concert de musique traditionnelle par des musiciens d'Acre

  • Une lettre de la réalisatrice qui est blacklistée par Israël

  • Un bon film

  • Un verre avec les Pères Fondateurs

  • Un post it rose fluo sur la porte de ta chambre qui te dit d'aller dormir dehors


Note: Le Sel de la Mer était donc un bon film. Des petites scènes genre Astrée et Céladon entre l'héroïne et le « mec-des-camps-de-réfugiés », ils ont des débats d'idées au milieu du néant, entre deux oliviers. Des airs de road movie plutôt bizarres.Une scène d'ouverture futée. Un dessin précis et vrai de cette seconde génération de Palestiniens. Un souci esthétique honnête. Une critique un peu facile des militants de Peace Now. Ramallah, la magnifique. Une fin tranchante, et juste. Ayant entendu Bozo, un authentique palestinien, me dire qu'il trouvait le film "très naïf", je me pose une question: et si c'était vrai? Ce qui me met sur la piste: je suis ici depuis deux mois seulement, et je trouve ça très juste.





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Publié à 08:25, le 12/11/2008, Ramallah
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L'effet Obama

 

6/11/2008


Hier soir, on m'a appelée pour me dire « hey, c'est ton jour de chance aujourd'hui !». Vu que j'avais passé la journée à m'amuser en cours d'arabe à parler des éléctions américaines et à me moquer des Américains conservateurs qui sont dans mon programme, je me demandais ce qu'on me voulait.

Et ce matin, je me suis retrouvée à devoir écrire quelque chose sur la réaction des Palestiniens quant aux résultats des présidentielles américaines.

Portsmouth ayant décidé de faire de notre chambre son nid d'amour, j'avais passé la nuit sur le canapé et je me suis réveillée dans une excitation de matin de Noël. Il était élu le divin Obama.

Feuille d'Erable et moi avons donc revêtu nos plus beaux costumes de jeunes et brillants journalistes à l'aube. Et sur la place Al Manara nous avons retrouvé Munther Malhis (Mohammed Ali Bambi, le fameux). Grâce à lui nous sommes allés à la rédaction du journal Al-Ayam où tout le monde avait l'air encore endormi. Aucun journaliste n'était là pour nous dire un petit mot doux sur Obama. Tout avait l'air très compliqué, et on nous a fait attendre pendant un bon bout de temps. Un mélange d'excitation et d'anxiété nous envahissait. Et ça c'est terminé en queue de poisson.
Donc nous sommes allés à la PBC. Qui est un vieil immeuble tout pourri, apparement parce que le dernier ministre de la communication a volé tout l'argent. Là on nous a quand même fouillés et interrogés avant de nous laisser entrer, ce qui semblait un peu plus professionnel.

Assis dans un bureau tout en fouillis comme on les aime, j'ai vécu un grand moment d'émotion. Avec un journaliste qui passait des tas de coups de fil en prenant des notes comme une dactylo, et Mohammed Ali qui traduisait tout de l'arabe en français. J'ai vu le présentateur que j'avais vu dans ma télévision se balader en chaussettes dans les bureaux. C'était un peu comme cet après-midi passé à TF1 avant de partir. Mais en beaucoup mieux. Sans total look Zadig et Voltaire, sans smoothie, et sans fond de teint horrifiant.

Dernière visite à la rédaction d' Al Hayat Al Jadida. De loin, la meilleure. Oubliez tout ce que vous avez vu dans les films, ça ne ressemble absolument pas à une rédaction. Les journalistes sont des amours. Le mec à qui j'ai parlé avait une carrure de catcheur, le nez de Michel Serrault et les lèvres de Jeanne Moreau aujourd'hui. Plus le regard de Catherine Deneuve. Et surtout, un costume à la Scarface avec une chemise d'un délicat framboise. Après avoir bien rigolé, on a du filer, encore comme d'habitude.

Ce que je ne vous raconte pas, c'est que j'attendais ma nouvelle carte de crédit, donc j'étais littéralement carrément à sec. Mon téléphone palestinien déconnait grave. Je m'étais pas lavé les cheveux. Ma montre s'est arrêtée. J'étais maxi à la bourre. Et je maudissais mes profs d'anglais des deux dernières années pour m'avoir autant bourré le crâne avec ces éléctions, car plus je me perdais en questions subtiles, plus je me demandais comment j'allais écrire deux milles signes -moi qui déjà cet été en écrivant pour Obstyles des conneries sur la mode des chatoyants pic-niques et l'âme joyeuse du prix de Flore  me faisait taper sur les doigts.

Dans le taxi, en revenant dans le centre de Ramallah, j'ai appelé un milliard de personnes avec le téléphone de mon fidèle chevalier servant Feuille d'Erable pour confirmer tout ce que l'on savait. Appelé des gens que je ne connaissais pas pour leur parler en arabe, anglais et français. Et probablement chopé un ulcère de jeune aux dents longues.

Finalement au Café de la Paix, j'ai rédigé le papier qui devait bien entendu me mener au prix Albert Londres, dans un stress mémorable, en 28 minutes exactement.


Voilà ce que j'ai fait:


« L'éléction d'Obama va mettre du baume au coeur des Palestiniens!» annonce Nael Moussa dans la rédaction du journal palestinien Al-Hayat Al-Jadida. Les quotidiens ont choisi de titrer la victoire du candidat démocrate en rouge, signe d'espoir. Al Qods parle du « premier président américain noir ». Car ici, Barack Obama est principalement perçu comme le porte parole des minorités. Un président dont les Palestiniens attendent qu'il relance le processus de paix. Barack Obama laisse espérer de grands changements. En effet, comme l'ont souligné ce matin les équipes de la Palestinian Broadcasting Corporation Obama, contrairement à son opposant républicain, est lui, venu en Cisjordanie au mois de juillet. Mais derrière cet enthousiasme, les médias demeurent sceptiques. « C'est dans la rue que les espoirs naissent, pas ici » affirme un journaliste d'Al Ayyam. Et de rappeler que pour lui, les Etats-Unis sont avant tout dirigés par des lobbies. Nael Moussa a d'ailleurs choisi de rappeler qu' Obama doit d'abord faire ses preuves dans son propre pays, avant d' aider les Palestiniens.


Mahmoud Abbas a félicité le nouvel élu. Son porte parole, Nabil Rudaina, a annoncé dans un communiqué de presse que le gouvernement était très impatient de travailler avec le nouveau président. D'autres sont moins enthousiastes. Mustafa Barghouti, membre du Conseil Législatif, a adressé ses sobres encouragements. Il a été suivi par le démocrate Bassam Saleh, tout aussi mesuré. Enfin, Fauzi Barhoum, représentant du Hamas, a camouflé ses félicitations derrière la critique de l'ancien président des Etats-Unis (« le pire au monde »). Du côté du Hamas, on espère aussi que Barack Obama a oublié ses déclarations de juin dernier concernant Jérusalem: alors candidat, il avait parlé de la nécéssité d'en faire la capitale indivisible d'Israël.

 

Politiciens et éditorialistes restent mesurés. Tous refusent de voir en Barack Obama un nouveau Bill Clinton. A Ramallah, on « peut croire au changement » mais on se demande s'il va franchir le mur. Aujourd'hui, ces mêmes journaux annoncent aussi en première page la mort de sept gazouis tués hier par des soldats israeliens. »


Et voilà ce qu'ils en ont fait.
(oui, vous pourrez voir le commentaire que mon ami N le Naughty a ajouté bien qu'il ne parle pas français – parce qu'il faut dire qu'après ça, vu que Feuille d' Erable ne comprenait rien à l'article que j'ai cosigné pour lui étant donné qu'il a été mon soutien moral et financier, et que j'étais soulagée d'une pression mortelle sur mes épaules, on l'a dit à tout le monde)

*Et maintenant je devrais remercier les gens merveilleux qui m'ont permis d'avoir cet ulcère dans les meilleures conditions. Merci!

                          NB: Depuis le perron de l'immeuble du journal Al-Hayat Al-Jadida, on voit la plus proche colonie. Pleine de petites maisonnettes dégueus. Les colons les ont attaqués pendant quatre mois. Et s'ils rigolaient bien quand Feuille d' Erable et moi jouions (sincèrement) encore une fois les offusqués par une énième violation des Droits de l'Homme et du sens commun, cette proximité restait profondément flippante.


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Publié à 12:53, le 11/11/2008, Ramallah
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Parenthèse

 

Après avoir fait faire le tour de Ramallah à mes sources de revenus principales, et qu'ils se soient pris la tête à deux mains quatre-vingts douze fois; mes super parents et moi sommes rentrés à Jerusalem.

Et nous avons été dîner (nous ne sommes pas que des purs concepts).

Dans ces endroits avec plein d'Américains hyper bruyants, on a discuté de mon futur. C'était terrifiant. Et terrible. Et horrifiant. Et plein de mots avec double « r ».


Mais toutes ces inquiétudes se dissipaient dans cet endroit assez bizarre. A quelques minutes à pieds de Damascus Gate, ses chocolats périmés et ses fameuses bananes, il y a un hôtel construit dans une ancienne demeure de style ottoman. Et qui a de surcroît, une histoire très touchante. Malgré le brouhaha du groupe d'à côté (très séminaire d'entreprise dans « « une ville chargée d'Histooooire » »), entre les bougies et la super soupe de prunes avec touche de mascarpone, je me suis dis que si je n'avais pas un prix Albert Londres dans les cinq ans, je ne serai pas la seule à être déçue. Au fait, où es tu Albert Londres?


Le lendemain, je suis enfin allée à la mosquée. C'était beau, c'était bourré de touristes, c'était donc bien à Jérusalem.


Et le soir en rentrant, Portsmouth me racontait que Scoubidou avait raconté tout son petit séjour dans un kibboutz au Daniel Cohn Bendit palestinien. Elle était très remontée, parce qu'il a acheté une kippa. Il faut dire que Scoubidou n'est pas bien malin. Et comme souvent, Portsmouth, transformée en Marianne des Palestiniens, s'est excitée sur leur cause, leur souffrances, et compagnie. Souvent dérivés d'arguments tout à fait vrais et intéressants, Portsmouth délire quand elle part en roue libre et se discrédite totalement.

Je me demandais en marchant avec elle jusqu'à Pronto, où une Walkyrie 2 fêtait son anniversaire, pourquoi les choses étaient si difficiles à dire. Bien souvent quand je suis en Israël, j'estime que je dois dire aux Israëliens que j'étudie à Bir Zeit, que ça me plaît et que je m'y sens en sécurité. Je pense que je dois leur expliquer que je n'épouse pas totalement la cause palestinienne en claquant des doigts, mais que les Palestiniens ont une cause honorable à défendre. A contrario à Ramallah, je n'ose pas vraiment dire que la plupart de mes amis à Paris sont juifs ou israëliens, et que je ne pense pas que tout les israëliens violent femmes et enfants avant de leur faire sauter la cervelle et de la manger (d'ailleurs ce n'est pas casher, donc aucune chance). Et cette malhonnêteté vice beaucoup d'échanges; et m'agace car le devoir est le même.

 

**EDIT**

On me dit:

1/ "... sont juifs ou israëliens,"
2/ "Et cette malhonnêteté vice beaucoup d'échanges; et m'agace car le devoir est le même"


1/ Juif ne veut pas dire Israélien, faire cette assimilation / ce rapprochement est doublement dangereux. D'un côté ça alimente l' amalgame juif = israëlien = colon / IDF. De l'autre ça alimente la propagande du gouvernement israëlien (dans sa tendance la plus dure) qui voudrait que sa politique soit "supportée" (au sens anglais du terme) par tous les juifs de la terre. Or pour moi, les européens, américains (du nord et du sud), les fallachas, etc... sont d'abord des citoyens des 4 coins du monde de confession juive et non des juifs accessoirement français, allemands, anglais, américains ou yéménites.
2/ oui tu as en partie raison. Je modulerais dans le fait qu'on ne peut opposer un miroir entre société israélienne et société palestinienne. L'une vie dans une relative démocratie, peut éduquer ses enfants de manières presques naturels (je ne nie pas l'état de tension quasi perpetuel), dans laquelle les déplacements sont aussi naturels qu'à Lyon ou Rome  etc... et l'autre qui tente de survivre et qu donc ne peut peut être pas toujours avoir suffisament le recul nécessaire.....D'où la très grande urgence de faire arrêter le hold up des communautés juives fait par Israël cf (1/)

1-D'abord, je pensais qu'en écrivant "juifs ou israëliens" je faisais la différence. Ensuite je suis la première à trouver l'amalgame sérieusement grave. Par honneteté intellectuelle, et parce que je suis proche d'une communité juive qui n'est pas sioniste, pas pro-Israël, et qui souffre déjà de bien des malentendus à son égard.

2-Voilà peut-être bien la raison. Pour autant, je me demande si mon rôle dans cette société palestinienne, en tant qu'internationale, n'est pas aussi de donner un peu de recul. D'expliquer les choses telles que je les vois. Pas plus ici qu'à Tel Aviv. Je ne regrette pas d'avoir soutenu à la psychopathe d' Hayarkon 48 que j'étais bien étudiante dans une université palestinienne, et qu'il n' y avait pas que des bergers et des terroristes à Ramallah. Je regrette de ne pas avoir répondu à la femme d'Abu Khalil à Asira que la Shoah n'est pas un mensonge, et que si ce n'est pas une justification à l'état d'Israël, il n' y a pas non plus de complot sioniste (ni communiste, puisqu'elle a avancé l'argument) qui aurait inventé les camps de concentration pour lui voler ses oliviers et son fils.


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Publié à 12:07, le 10/11/2008, Jérusalem
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Little Boxes et la Fronde

(NB: Je n'ai pas le temps de me relire, mais je passe le week end a Jerusalem, donc en attendant, voici les nouvelles d'hier)

Après une très longue nuit passée au bar Blue qui est un des seuls lieux fréquentables où de vrais Palestiniens se mêlent aux expatriés avides d’amusement, Feuille d’Erable, et moi même avons retrouvé le super Bisounours pour aller jeter un oeil aux fameuses manifestations de Vendredi dans les villages de Bil’in et Ni’lin.

Les seuls taxis collectifs qui permettaient de s’y rendre étaient pris d'assaut par des hippies crypto-anarchistes pourfendeurs des injustices et prets a tout pour sauver la veuve, l’orphelin, et les drogues douces. J’avais rencontré Idaf, un type adorable qui travaille en free lance pour la PBC, Palestinian Broadcasting Cooperation, chez Blue. Et comme chaque vendredi depuis environ cinq ans il s’y rendait. Nous avons donc beneficie d’une superbe voiture de la PBC, à la carapace de scarabé (vert à paillettes). Et c’etait reparti pour une course folle avec un Palestinien qui se prend pour le Roi de la Route, ou le Fou du Volant. Mais arrive au checkpoint, les soldats israeliens postés à l’entrée du village ne voulaient rien entendre. Voiture-scarabé ou non, point de salut pour ces ignobles internationaux qui veulent s’adonner au tennis national, le lancer de pierres. Normalement, les airs bonhommes de Bisounours, le regard appeuré de Feuille d’Erable, et mon sourire facon Amelie Poulain auraient du nous sortir de cette impasse facheuse. Mais rien du tout. On a fini par sortir de Boumbo petite automobile; surtout parce que les soldats commencaient a perdre leur sang froid (c’est encore un peu fragile ces petites betes). Bisounours, chaud comme la braise, était résolumment déterminé à couper à travers champs. Feuille d’Erable frisait la crise d’angoise. Et personnellement, étant encore assez loin d’être réveillée, je n’avais pas d’opinion sur la question. Nous tentâmes. Mais pas assez loin. Et comme on nous a vu, on a pris la poudre d’escampette, avant qu’on nous brise les noix dans un champ d’oliviers (sous un cagnard epoustouflant). La situation devenait grotesque.

Bisounours, toujours en tete, nous a donc fait marcher jusqu’au checkpoint suivant. Là, nous avons demandé « mais pourquoi qu’on peut pas rentrer d’abordeuhcestpasjuste ? ». Et le terrible Ethan, qui portait son nom autour du cou, et des Ray Ban carrément pas possibles, nous a repondu (-je vous le donne en mille) « security reasons ». Meme avec tous les efforts du monde pour avoir l’air de ce que nous sommes, des jeunes gens de bonnes familles très comme il faut, et pas le genre a jeter des cailloux, et avoir un vague esprit critique –ahnonnonnon.

Feuille d’Erable fremissait, et Bisounours, tout sourire s’est remis en route. Et c’est que Jésus nous a envoye Bobo. 


Bobo conduisait une voiture vraisemblablement volée a des colons. Plus d’autoradio. Un bazar plutot impressionant, des sièges défoncés, et plus de ceintures de sécurité. Bonne ambiance, particulièrement appreciée par notre ami canadien qui commencait a sérieusement ressembler à une cocotte minute. Et je ne vous parle du volant rose portant l'intitulé Bobo avec deux coeurs à la place des o. Entre temps j’avais rejoint le camp de Bisounours. Pour deux raisons. D’abord il faisait vraiment très chaud, et marcher en Bensimon sur une route nationale où les colons israëliens se prennent eux aussi pour des pilotes de formule Un sous le soleil exactement devenait insupportable. Ensuite, parce que c’était quand même agacant de se voir refuser le droit d’aller visiter de pittoresques villages palestiniens. Je n’ai pas organisé des fêtes aux Planches à peine entrée au lycée, entretenu une amitie sincère avec tous ces djs, et slalommé dans la jungle urbaine pour avoir mes entrées au Mathi's pour me retrouver devant un détenteur de lunettes de soleil hideuses qui en gros me dit que je ne suis pas sur la liste. (sans parler du Chacha club)

Donc on est monte dans la voiture de Bobo, qui nous promettait de nous emmener ou qu’on voulait aller sans se faire importuner par les abrutis du coin ( qui d’ailleurs désservaient leur cause, une fois de plus). Tandis que notre ami Feuille d’Erable répétait qu’il voulait rentrer à Ramallah, nous traversions des villages complètement vides. Apres les rues désertes, on est arrivé dans un village où à peu près les mêmes (rues) étaient bondées. Vieillards, pères de familles, jeunes hommes soignés, adolescents écorches vifs, et hordes de marmots aux grands yeux (toujours les mêmes mais en mieux) regardaient la voiture de Bobo avec des yeux comme des soucoupes. Une rumeur d’abord presque imperceptible, puis intolérable s’élevait : « c'est des Juifs ». Je vous laisse imaginer la pulsation cardiaque de Feuille d’Erable. Bobo s’est frayé un chemin en hurlant « c’est pas des Juifs ! C’est pas des Juifs ! » couvrant par la le simili David Guetta oriental qui s’épuisait dans le ghettoblaster (si.). Et là Bobo a cru bon de nous dire qu'il nous emmènait seulement parce qu'ils savait ce qu'on allait faire a Ni'lin. Ah ouais, qu'est ce qu'on va faire? C'est a croire qu'on a vraiment les têtes de ces bouffons internationaux qui vont jeter trois cailloux pour trouver un sens à leur vie, et une piqure d'adrénaline. Et c'est extrêmement insultant.

Et quand on a fini par arriver dans ce foutu village, on a vu les deux americaines (dreads, et look "je me suis pas changée depuis Woodstock") en panique dans le bureau du Croissant Rouge. La brune avait recu sur son bras une grenade de gaz lacrymogène. C'était pas très beau à voir. Son amoureuse pleurait toutes les larmes de son corps, en se roulant par terre. La brune, toujours, allongée sur une civière regardait l'autre avec mépris, et se mordait la lèvre jusqu'au sang -alors que bon, c'était pas Hiroshima non plus. Cette scène de vaudeville moderne était complétée par tous les jeunes garcons qui trainaient dans les parages avec des keffiehs tout enroulés autour de leur tête, torse nu, ou en marcel type Guerre du Vietnam. Ils erraient dans les trois pièces de la petite clinique, bourdonnaient autour de cette jeune femme apparement assez contente dans le fond, d'avoir vécu de près un grand frisson révolutionnaire.

Et Bisounours m'a emmenée sur le "front" où nous avons rejoint Idaf. Pendant que Feuille d'Erable, de loin le plus raisonnable vous l'aurez compris, restait dans la voiture. Ca se passait devant un centre pour la reconstruction économique et le développement dirigé par l'Autorite Palestinienne. Les adolescents dont on a déja parlé courraient dans une sorte de pampa (sans guanaco, mais avec des oliviers). Un tableau fantastique : pioupious cendrarsiens portant des couleurs chatoyantes et des foulards noirs et blancs bondissant dans tous les sens. Avec des frondes. Ils lancaient des pierres avec des frondes! En face, les Israëliens en tenue de camouflage (le Clairfontaine de ces affrontements) lancaient les gazs lacrymogènes. Sur ces enfants, sur les observateurs, sur les habitations civiles.

Et derrière ces jouvenceaux plus Victor de l'Aveyron ou Gavroche que Celadon, derrière leur cadre buccolique, romantique, sérieusement dramatique; le public. Trois internationaux et demi, une brochette de refuzniks honorables, quelques sommites locales (le triumvirat: pigiste local, Stop The Wall, et un des édiles du coin), un groupe assez fourni de jeunes adultes palestiniens en jogging, regardant les plus petits, et aussi un cinquantenaire avec un ventre d'homme de cirque, et son tapis de prière fushia sur la tete. Ces hommes qui criaient "Allah u Akbar" a chaque fois que les valeureux guerilleros évitaient ou relancaient les cartouches.

C'était seulement des gazs lacrymogènes. Mais pour une fois, on avait plus envie de se faire l'avocat du diable ou d'essayer d'être plus malin, cynique, ou analytique. Parceque vraiment, le combat de David contre Goliath était là, insupportable et absurde.

En rentrant, le moteur vrombissant sur les routes serpentantes et le chemins de traverses (histoire de ne pas retrouver notre copain Ethan), tout le monde riaient. Comme d'habitude celui qui fait la moindre blague est le sauveur de la salubrité mentale du groupe. Nous nous sommes arrêtés a une source au pied des collines. De l'autre coté de la route il y avait une espèce de piscine dans laquelle se baignaient des colons. Jeunes, se tenant droits et fiers d'eux. Se gavant de Bamba, et barbottant. "C'est en Israel que l'eau est pure! Meme si les Arabes y lavent leur vaches et leurs moutons, nous purifions cette eau en nous baignant". Apres seulement le cortège de questions renseignements généraux (tu viens d'où? de Monaco. Tu fais quoi? des études sur les bardes ouzbeks. Pourquoi?). Et tu as beau leur expliquer calmement, ils s'excitent. Il faut avoir quelque chose à prouver pour agir de façon si bizarre. Pour qu'une conversation anodine se tranforme en soupe propagandiste.

Et plus loin, les colonies défilaient. Idaf avait l'air de ne plus vouloir rigoler. Toujours les mêmes maisons.

 

Malvina Reynolds - Little Boxes

Little boxes on the hillside, Little boxes made of tickytacky
Little boxes on the hillside, little boxes all the same
There's a green one and a pink one and a blue one and a yellow one
And they're all made out of ticky tacky and they all look just the same.

And the people in the houses all went to the university
Where they were put in boxes and they came out all the same,
And there's doctors and there's lawyers, and business executives
And they're all made out of ticky tacky and they all look just the same.

And they all play on the golf course and drink their martinis dry,
And they all have pretty children and the children go to school
And the children go to summer camp and then to the university
Where they are put in boxes and they come out all the same.

And the boys go into business and marry and raise a family
In boxes made of ticky tacky and they all look just the same.

 

 


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Publié à 01:07, le 8/11/2008, Nileen
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Maupassant en Palestine

 


En Palestine le principal problème que je rencontre est le réveil. Rares ont été les ruptures faciles avec Morphée. C'est un peu comme habiter dans une caserne.

Aujourd'hui ce fût la progéniture dopée à la kétamine qui provoqua le grand frisson. Mais je n'ai pas eu le temps de me pencher sur la question, parce que nous sommes vite partis pour la cueillette des olives (ahah!). Nous sommes donc allés sur les terres du clan Mc Gregor d'Abu Khalil, père de M1, M2, et du défunt Khalil -tué sous les balles des Forces de Défense d' Israël.

Abu Khalil est un mec incroyable. Il a la physionomie d'un baleineau, le sourire de Joey Starr, et le regard ironique d'Alain Delon. Dôté d'attributs physiques absolument surnaturels, il a pourtant choisi d'être directeur d'école. Il s'occupe des garçons, et sa femme de la cuisine des filles. Sa femme qui portait une robe traditionnelle verte absolument merveilleuse. Une vieille femme avec la tête pliée en deux, et des lunettes pour indiquer où sont les yeux. Le corps déformé par sept grossesses. Un sourire ampoule (genre hop hop je souris, et les ampoules Godinot c'est l'euphytose du valium). Bref une femme délicieuse – presque autant que négationniste.

Belle au Bois Dormant se partageait entre les olives et ses nains forcenés. Elle nourrit toujours au sein... vu leur âge, ils auront peut-être des os en titanium et un goût freudien prononcé pour les beautés felliniennes. Et Blanche Neige était restée dans sa super-cuisine à plaques de cuisson par induction. Et nous, on cueillait des olives (au cas où vous n'auriez pas bien compris la thématique).

Arrive un moment tragique de la journée. Le Repas. On digérait toujours le dîner d'hier soir (-même Feuille d'Erable, qui est en pleine croissance et qui peut manger deux fois son poids dans la journée). Et ça c'est fini en Kul'i party. Genre à côté les repas de shabbat chez ma copine Shanaz c'est des réunion Weight Watchers (j'espère que vous vous appréciez cette comparaison très « peace now »). Donc après nous avoir gavés de makloube, et assomés de coca, et de houmous, et de pain pita, et de la nouvelle huile olive, et enfin servis trois fois du café et deux fois du thé; on s'est remis au travail. Pendant qu'Abu Moussa -qui se trouve être le directeur du conseil des villages, s'agitait avec le directeur d'école sur d'un débat de politique locale apparement plutôt polémique. J'ai cru qu'il allait lui ouvrir le ventre pour manger ses entrailles, mais finalement après s'être hurlé dessus et s'être transformé en monstres tout rouge, ils ont finalement rigolé. Peut – être qu'Abu Mussa s'était mis à lui raconter ses aventures de quand il étudiait aux Philippines. Ce qui ne doit pas pas manquer de croustille comme dirait Fabriiiice.


On était arrivé à un point où tous les habitants du Royaume Enchanté craquaient. Jusqu'à dire à Bisounours et Feuille d' Erable : "Lukas, you're such a good farmer. We should give you 100 olive trees, find you a wife from the village, and you can live here... Daniel, you are not a farmer ». Une excursion pédagogique a donc été lancée. Alors on est allé à Qisaar (ou Qsaar? Ou?). Voir un village romain en ruines, et en plus à l'abandon. Donc pas en grande forme. A côté, les ruines et leur musée à Constanza, c'est un parc d'attraction façon Pompéi. Abdallah s'est improvisé Tour Operator, avec un certain talent. Et au milieu de ce haut plateau désert, qui nargue les colonies tentaculaires (à moins que ce ne soit l'inverse?), il faut bien donner raison à Sa'd Nimr, mon cher professeur : « Damn! Palestinians know by heart every part of their land for Godsacke! »). Entre une base militaire, et deux colonies, ces hommes connaissaient le nom de chaque plante, de chaque oiseau, et de l'histoire de chaque pierre (Copain des Bois à côté c'est du flan). Après, il y a les mythes urbains... Genre le touriste turc de deux mètres, avec des grosses moustaches et un gros sac à dos qui est venu voler d'antiques os dans les caveaux parce que d'après les copains d'Abdallah, les Turcs, c'est pas des mecs normaux (hm... pourquoi, on ne saura jamais). Pendant ce voyage à travers le temps et les légendes d'Abdallah sur les traditions de ce village, le groupe de jeunes types qui nous suivaient depuis hier (le famélique, la chemise ultra carton rouge, et les autres) prennaient des photos d' Isolde la walkyrie sous toutes les coutures. Devant le sourire indulgent du clan des Saints Pères.


Le retour a duré un siècle. Le checkpoint ayant été fermé pour « security reason » (c'est un peu comme bukra inch'allah cette expression, si tu l'entend encore une fois, tu meurs). Et finalement, on est passé par un barrage plus petit, de jeunes israëliens en uniformes pas net (je dis ça, je dis rien). Un des soldats voient nos passeports étrangers perdus au milieu des étuis verts des cartes d'indentité palestiniennes, et nous demande « tout va bien? » d'un air inquiet -très touchant. Feuille d'Erable, du tac au tac, « Ca ne pourrait pas aller mieux, merci beaucoup. ». Nous adorons la Palestine.

[terrible tronche de cake de la jeune recrue]



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Publié à 09:18, le 7/11/2008,
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Pyjama Party

  16/10/2008

Apres un intermède dense facon « La fantastique épopée des colons sionistes sans vertu ni vergogne », nous avons regagné nos pénates.

Comme prévu, on nous a alors separés. Les filles chez la fameuse Belle au Bois Dormant qui avait fait de sa maisonnette un decor de clip de Priscilla. Sacrée ambiance cela dit, entre les commerages des deux épouses, et les hurlements de la bande de diablotins. Elles étaient folles d'excitation de nous avoir. Et ca a assez rapidemment tourné "pyjama party à la palestinienne". Après tout, Isolde la walkyrie a l'âge de la Belle au Bois Dormant, je n'en suis pas loin, et Blanche Neige nous devance de peu.

Leur première idée de génie a été de nous montrer leurs photos de mariage. Ces « femmes voilées » qui au moindre soupçon, lorsqu'elles croient entendre les pas d'un mari, ou d'un cousin rajustent leur voile déja si sage (du moins en début de soirée), ont plus d'un tour dans leur sac... Les photos pourraient avoir été prises par un photographe de plateau fleur bleu au début de la réalisation d'un porno sur la diaspora iranienne. Sur les photos, elles ont des robes de Shakira, la coiffure d'Elizabeth Taylor (-celle qu'on aime), et le sourire qui oscille entre perversité de Morticia Addams, et béatitude de Bernadette Soubirous. Les maris n'ont pas changé d'un pouce. Elles remontent l'arbre généalogique pour nous. On s'extasie sur les poses carrément craignos « art naïf », les bijoux qui ont l'air de peser un âne mort (note: la BABD a plus de photos de ses bijoux que de photos de couple avec son chevalier servant du jour), et dans le fond on se dit que ça a quand même plus de gueule que le délire « Relais et Châteaux ». En revanche catégorie robe Pronuptia, on est dans le haut vol. Limite encore mieux que Tati Mariages. Un vrai vestiaire de films d' Almodovar.

Ni Isolde, ni moi même ne sommes mariées (-ouais c'est dément les fruits de la génération Meetic). L'idée que nous portions quand même des bijoux leur fait penser qu'on leur ment. Et ça a l'air de bien cogiter. J'ai pensé lâcher que j'étais fiancée quand c'est devenu pesant (« tu es sûre que tu n'es pas mariée? (...) mais... Pourquoi? »), mais j'ai résisté. Je me suis faite ambassadrice de la culture décadente de l'Occident et de ses divaguations babyloniennes. Et Blanche Neige est repartie en roue libre sur la Beauté et la Grandeur de l' Islam. Les bras tel un Ravi de crèche de Noël, et le regard de taré des jeunes desJMJ. Formidable.

               Deuxième round de la Pyjama Party : «la séance Jeune et Jolie, - ou 'je vais te dire pourquoi tu n'es pas mariée' ». Ce qui fût très instructif... Si tu ne portes ni hijab, ni djlibaab, sérieusement c'est mort pour toi (en substance). Alors si tu pensais que c'était la trilogie oeil de faon, tube de rouge, trench... tu te fourres le doigt dans l'oeil jusqu'au coude. Pour qu'on puisse trouver un mari plus rapidemment, on a eu une session hénné. Avec explication surexcitée des deux jeunes femmes transformées en enfants coupables, que si tu montres tes mains avec du hénné, les hommes pensent que tu as de belles jambes. Quelque part entre les chuchotements dans un anglais préssé, et les gloussements hystériques, la logique du propos s'est perdue.

              Troisième acte: la Boîte à Images! Cessant une conversation qui devenait passionante (elles évoquaient leur difficultés pour étudier à la maison et aller passer leurs examens à Naplouse, mais leur désir cher à toutes deux, de devenir institutrice), BABD s'est jetée sur la télécommande, comme frappée d'une inspiration divine. Et elle a mis la télé en marche pendant une heure et demi en commentant absolument tout. Elle aimait les clips, mais Blanche Neige insistait pour zapper car à la mosquée on lui a dit qu'elle n'avait pas le droit de regarder ces programmes (ce n'est pas une image, ni une blague). Elle voulait s'abandonner au  décor en carton pâte d'une obscure série turque, mais la secrétaire médicale s'est laissée prendre la main par un riche homme d'affaire en costume dégueu; et BABD, dans un glapissement effrayé, a changé de chaîne en jetant un oeil à ses petits qui continuaient à breakdancer dans le salon pour voir si l'entre eux avaient pu voir cette image qui auraient à coup sûr, fait d'eux des monstres de vice et de perversité. Et elle est arrivée sur sa chaîne préférée (un canal jordanien entièrement dédié aux enfants, tenu par une seule famille qui fait jouer ses marmots dans toutes les diffusions).


               Khalil, premier né de M2, commençait à perdre de son énergie (qui l'eut cru?). Et alors que ses charmantes paupières papillonaient, il s'est mis à chanter une chanson sur l'indépendance de la Palestine et Arafat. J'aurai bien aimé penser que je me faisais des idées, et que ce n'est pas avec les cours de Sami le Salami que je pouvais comprendre le babillage d'un enfant d' approximativement trois ans. Mais sa mère m'a expliquée que M2 lui avait appris la chanson après la mort du jeune homme de quatorze ans d'Asira. Pendant ce temps, dans le bocal, et avec de mauvais effets spéciaux, un petit garçon (environ le même âge) psalmodiait, déguisé en imam. Pas de quoi s'alarmer.


Bilan des courses : Au moins maintenant, on sait qu'on attrape pas les mouches avec du vinaigre.


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Publié à 12:45, le 4/11/2008,
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Un peu de sérieux

Coming soon:

Une deuxième journée à Asira/Jéricho/La conférence sur Marwan Barghouti/Naplouse/Jaffa/Mon nombril et le journalisme/...

Je suis hyper à la ramasse, mais je pense à vous.

En attendant vous pouvez toujours:

vous informer , s'exciter pour le 8 novembre, rêver, trouver matière à réfléxion, ou applaudir Petruschka Barok qui fait ses premiers pas dans le monde des Grands : ici .


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Publié à 12:57, le 3/11/2008, Ramallah
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"Peut-être 613"

 

   

2 – What kind of Palestinian state would be now if it had escaped the British mandate?

3 – What kind of arguments would the zionist movement have, if it was established now?

4 – Why Arabs and Palestinians were defeated in 1948?

 

On se reparlera quand on aura trouvé la réponse.


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Publié à 12:59, le 30/10/2008, Ramallah
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"Yo, Ambiance Mortelle"

16/10/2008 



Partie avec un bus de Stop The Wall, une équipée d'internationaux. Nous avons passé la journée dans le village de Madama près de Naplouse. A cueillir des olives. Et à s'imerger dans une autre culture. A la mairie d'abord, on ne voulait pas nous laisser partir sans nous avoir donné à manger et à boire. Et durant tout l'après-midi, pour ne pas froisser des sensibilités bien placées, nous avons erré de familles en familles au mépris d'une efficacité maximale. Dans la première, une femme de prisonnier, et de jeunes enfants mal débarbouillés. Dans la seconde, deux adolescentes voilées sobre voulant finir leurs études aux Etats-Unis. Dans la troisième, un vieil homme qui parlait à son âne. Dans la quatrième une femme dont deux des fils ont été tués par des soldats israëliens. Et ainsi de suite.


A la fin de la journée, j'ai décidé de rester. Nous avons donc attendu dans la mairie, batîment qui a des airs de squats de punks d'Allemagne de l'est assez marqués. Et Abdallah est arrivé. Sacré bonhomme qui a travaillé à Dubaï, et au Pakistan. Polyglotte, et assez élégant dans le genre Gentleman Farmer Palestinien. Et nous sommes montés à bord de son bolide, lequel tenait plus du char gallo-romain que de la formule un. Pour des raisons inexpliquées, Abdallah avait une aubergine dans sa boîte à gants. Ce n'était pas un signe avant coureur du ton des heures suivantes. Peu de surréalisme, beaucoup de crudité.


Nous avons « roulé » jusqu'à Asira. Feuille d' Erable et moi-même avons attéri dans une énorme villa genre monégasque à moitié construite. Un édifice grandiloquent qui sera bientôt la maison d' Abu Sharif. Abdallah nous a introduit à cette table d'hommes rigolards. Autour d'un narguilé et de verre en plastique dans lesquels fumait un thé noir, Abu Ali (détenteut de fabuleuses moustaches), Abu Moussa (le commercant politisé), Amin (une chemise parme terrifiante), et Rani (le corps de Mary Kate Olsen, et la tête de Louis de Funès). On parlait de François Mitterand, de Zidane, et de ceux qui sont partis aux Etats-Unis et qui ne veulent pas revenir. Jusqu'à ce que la nuit tombe. Et nous sommes montés sur le toit. Abdallah et Abu Sharif nous ont montré les colonies, les champs d'oliviers, un accident de voiture qui bloquait la circulation sur le flanc d'une colline et alignait de petites lumières en ligne comme une guirlande de noël. Mais c'était peut-être un checkpoint volant. Ou une embrouille des colons. Ces colons qui ont brulé des oliviers (« look here »), qui ont insulté une très jeune fille (« this house »), qui ont volé cette terre (« over there »).


L'un d'entre nous ayant ce qu'on appelle vulgairement une vessie de moineau Pour des raisons qui seraient bien longues à vous expliquer, nous avons fini par entrer dans une fermette maisonnette. Coup de pot, c'était la barraque de Blanche Neige (bon elle portait un hijab blanc pour l'occasion et elle avait vraisemblablement largué deux nains en route, mais peu importe). Elle venait de refaire toute la déco. Et l'univers imaginaire au menu, c'était Monsieur Propre. Le concept est dément. D'autant que le Père Noël (grand copain de Monsieur Propre, pour ceux qui ne lisent pas Voici) est la guest star du salon (si, si, il danse dans un sapin en mousse) dont le Big Man est le Coran relié.


Mais le plus important, c'est que Blanche Neige ne serre pas la main aux hommes, donc Feuille d'Erable est passé aux oubliettes avec un petit air interloqué tout à fait charmant. Rejointe par sa copine la Belle au Bois Dormant.

Le topo pour ceux qui bavassent au fond : il était une fois, dans un petit village pittoresque avec des oiseaux bleus, des faons, et des druides, deux frères grands et forts. Vint l'âge de se marier pour M1 et M2. Leur père étant un des fameux druides, ils eurent donc les plus belles jouvencelles. Blanche Neige et la Belle au Bois Dormant par ordre d'apparition à l'écran. On les dotat chacun d'une chaumière de rêves avec télé géante et cuisine toute équipée. Ils vécurent heureux, firent respectivement trois et deux marmots à leurs épouses comblées d'élastiques en velours frappé moldave de couleur fluo de bijoux de cheveux, et de joggings de grossesses de parrures aux couleurs du Jour et de la Nuit.


Mais Abu Ali ne voulait pas nous laisser entre les mains de ces merveilleuses princesses. Et nous a kidnappés au milieu d'une discussion sur la beauté de l'Islam... Nous pensions notre dernière heure arrivée, alors qu'il ne s'agissait pas de nous faire rotir, mais bien de nous convier à un festin. Deux mots sur le banquet-corne d'abondance : Barbecue, et Kul'i (mange!).


Repue, je suis allée m'asseoir près d'Abu Mussa que j'entendais glousser. Autour du brasero fumant, les hommes fumaient (ahah!), et taquinaient celui qui travaille pour les Israëliens (un quarantenaire roux, plissé comme un sharpey). Lequel ne s'en offensait pas et regrettait plus que quiquonque la situation. Après quelques bonnes boutades sur les petites françaises et Zinedine Zidane, Amin m' a tendu son téléphone portable avec un sourire banane. Vu le ton de la discussion, je me suis dit que j'allais passer un mauvais quart d'heure. Ce fût au delà de mes espérances. C'était Yasser Saleh, le nez en sang sur un tiroir de la morgue du Royaume. Yasser Saleh est un jeune homme de quatorze ans tué par des balles israëliennes il y a moins d'un mois, à moins d'un kilomètre de là, pour moins d'une raison valable d'après les dires de la Cour des Miracles ici présente. Comme beaucoup j'avais lu la nouvelle fin septembre. Au milieu de la crise économique, la fashion week, les négociations avec les syndicats à Birzeit, et les altercations entre la colonie Truc et les villageois Machin. Mais sans vraiment réaliser.


Je ne sais pas ce qui est arrivé entre mon arrivée et ce soir. Je me demande bien par quel processus étrange tout est devenu si banal. Les chiffres me choquent, les nouvelles d'ordre politiques aussi, mais les tragédies humaines se répétant à l'infini, elles passent à la trape. Entre une discussion sur les sympathiques arlequins de Peace Now, et un hérissement de poils à l'écoute des abrutis simplets intervenant dans le cours de politique de l'Université, j'ai du perdre le nord. J'ai arrêté de prendre au sérieux toutes les histoires que j'entendais, pour blamer ceux qui parlent d'une terre, d'un sang, et d'une nation, parce qu'ils en parlent souvent sans nuance. Suis je passée à côté du drame humain? Ou ai je joué le Saint Thomas? Lequel se dandine avec ardeur sur cette terre Sainte. Ici on parle de trois balles, là d'une vingtaine, Abu Mussa m'assure qu'il s'agit de trente. Quant à Yasser Saleh, son âge change. Et surtout le contenu de son sac et de ses mains : vides? Bourrés d'explosifs? De cocktails molotov? Etait il si près de la colonie? Ou marchait il sagement sur ses plates bandes? Insultait il les soldats, ou se rendait il chez sa famille éloignée avec un petit pot de beurre?


En terribles procéduriers de la génération Monica Lewinski, Feuille d' Erable et moi même avons écarquillés nos petits yeux. Et de jouer des activistes du dimanche « ouais, ouais, c'est pas juste, euh d'abord faut parler à Amnesty, et puis d'abord c'est même pas légal, et faut faire quelque chose, c'est révoltant ». Ils ont déjà tout fait. Les Gentils sont venus. Ils ont pris des photos. Et puis ils ont dit « hm, jcrois quça va pas être possible. De vous aider. ».


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Publié à 10:06, le 28/10/2008,
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Jean-Paul Sartre au pays de Jésus

 

Ca y est. Tout le monde a la nausée.


Portsmouth s'est mise une grosse tête hier soir, essayée de se jeter par la fenêtre de la voiture, et couchée devant la porte de la Maison du Bonheur avant de « passer la nuit dans les relents acres des ses excès » comme dirait l'autre. Feuille d' Erable s'enferme dans le studio pour danser pendant des heures comme un forcené avec Justice à fond les ballons. Lily Cole, la schizophrène et Scoubidou ont rendu leur voiture de location, et abandonné le projet de photographier chaque centimètre du Mur. Milka a insulté une des employées de la Poste centrale de Jerusalem. N le Naughty a arrêté de baver comme un escargot en rut devant tout ce qui bouge. Le Jésus local s'est enfin tapé la Mary-Kate Olsen locale, au lieu de rester dans le giron de sa belle Bergmanienne. Et Madame de Pompadour a craqué sur son vernis, ambiance Jeanne Mas. Quant à moi,... J'alterne les crises de boulimies et les courses (mode Californienne retraitée on) en converses avec Claude François Arcade Fire volume maximal.


C'est l'overdose de soldats, historiettes, et cours de Politique à Birzeit. Qui aurait cru que ce serait si nocif?


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Publié à 06:26, le 27/10/2008, Ramallah
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J'ai mangé ma conscience

** j'ai updaté la semaine dernière **

On est presque à jour.


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Publié à 10:36, le 25/10/2008, Ramallah
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Break

Mes chers copaingu'

Point trop n'en faut et il est temps d'arreter de m'envoyer des mails de protestations d'enfants capricieux, ou de groupies boulimiques.


J'essaie d'écrire sur sur la cueillette des olives, le bal des prisonniers, Jericho et la danse contemporaine palestinienne... Je n'en ai plus pour longtemps. C'est promis.


En attendant, je peux vous confier deux listes concoctées après le « I miss New York » de Feuille d'Erable qui a duré environ six heures.


Merveilleux en Palestine: le policier tektonik, le toit du dortoir, la Vitamine C des étudiants de Bir Zeit, les ânes, les figues au milieu du mois d'octobre, le pain, les hijabs ambiance Perroquet à Mexico, les croissants palestiniens, Fullah, Damascus Gate et la chute du prix de la banane une fois la nuit tombée, le vendeur de falafels de Californie de Clock Circle, l'absence d'horloge sur Clock Circle, les palmiers, le sens du drame, le manque d'humour, l'excès d'humour, les chaînes made in qatar, lire le Monde sur internet, le fascinant Stars, le crépuscule, mon vendeur de légumes attitré, le brouillard, les ballons Dora l' exploratrice accrochés aux balcons, le cheesecake façon Palestine, les pizzas d'Ossama, l'incertitude téléphonique, l' « heure palestinienne », Sami le Salami (mon prof d'arabe), parler arabe essayer de parler arabe, se battre pour un taxi, Rukab, entretenir une relation mélant l'amour et la haine avec son ordinateur portable, regarder Sex And The City à Ramallah, le conférencier sur la Palestine, la mer, la terre rouge, dire « Justice est un groupe français », les jardins d'Haifa, les bus Egged, le marché de légumes à côté de la gare de Ramallah, les bagels, vivre au contact quotidien de ressortissants américains, savoir enfin de quoi on parle,... la clique.


Manques absolus: les Matton, une paire d'éscarpins noir en cuir vernis, une bouteille de Mixa Bébé, le vrai chocolat, une vie sur le fil, les brunchs, ELLE magazine, aller au cinéma (s'y rendre), une garde robe digne de ce nom, le Café de Flore, les sushis livrés par Sushi West (pourrais je encore commander chez eux?), un fer à repasser, des ceintres, faire la bise, le marché d' Aligre, mes gants verts milanais, porter des chapeaux, Toni&Guy, le métro, danser, un vrai week end de deux jours consécutifs, le Bon Marché, la piscine, l' Ecume des Pages, de véritables lampadaires, le théâtre,...la clique.


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Publié à 02:05, le 21/10/2008, Ramallah
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Prend ça dans ta FACE!

 

J'ai pris un verre avec un mec du Fatah. Quelle aventure!

C'est bien le premier à me dire que les palestiniens doivent se prendre en main, et qu'il faut se concentrer sur autre chose que les Israëliens. Autre chose quoi? La restructuration des forces de police, les éléctions anticipées, et le pouvoir effrayant du Hamas dans la bande de Gaza. C'est pas comme s'il n' y avait rien à faire. Wow.


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Publié à 10:33, le 15/10/2008, Ramallah
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Mimi Cracra l'eau elle aime ça...

 

Ce matin, pas moyen de voir tes pieds. Vu que (ahah!) y avait plein de brouillard. Mais pas un brouillard normal. Un brouillard ouaté. Voyage au centre du cousin, au milieu de la bourre en synthétique (plus que des plumes d'oie, étant donné que ça caillassait grave). J'essayais de calmer Feuille d' Erable déjà lancé dans la danse des Grenouilles. Mais j'ai cédé à l'hystérie. Et avec deux schizophrènes en pleine régression, c'était un peu trip aventurier de l'espace pour trouver un service. C'était coton, dans le brouillard ouaté en somme.

Devant les taxis collectifs pour Bir Zeit, la horde habituelles des habitués. Et le géant qui porte normalement un couvre chef de cow boy, s'était décidé pour une combinaison de ski bleu marine tout à fait seyante. Et comme tous les jours, procédait à des gesticulations destinées aux chauffeurs de mini bus, qui s'en tamponnent le nombril avec un fer à cheval. En fait, il suit scrupuleusement les instructions des cours de gymnastique douce des Figli della lupa. Et personne n' a remarqué sauf moi.

Tous les matins, je me demande pourquoi on n'organise pas mieux ce qui est supposée être une gare. Pourquoi n'y a t il pas, par exemple, des abonnements mensuels pour ces transports? Ce qui ne suit qu'une logique implacable : les étudiants ne vont pas à l'université à la journée (rien à faire aujourd'hui? Tiens si on se faisait une petite journée à l'université, ça nous changerait des excursions au Zoo de Qalqilia...). Et qu'on ne vienne pas me dire qu'on ne sait jamais ce qui se passera demain.


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Publié à 09:02, le 15/10/2008, Ramallah
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Doux comme un loukoum

 

Je n'ai pas encore parlé de mon super élève : Munther Malhis. Pour continuer dans le portrait (ouais, c'est ma série d'été pour ceux qui se demanderaient). Il est dentiste à Ramallah, et je lui donne des cours de français chez Rukab, qui est un peu le Berthillon local. Je pense que ça pourrait être un très bon pitch de film.

C'est un personnage... La carrure de Mohamed Ali, le regard de Bambi, et les lèvres d' Angélina Jolie. Malheureusement, c'est un grand idéaliste. Mais pas le genre Bakounine. Plutôt style douceur de Ferrante Palla, et poésie de Lamartine. Mais pas d'erreur, il ne se tient pas debout et fier devant les chars israëliens, il veut seulement étudier l' orthodentie à Paris, manger des croissants, et aller voir la vitrine de Chanel (je ne déconne pas – vu qu'on déconne pas avec Chanel de toutes façons). Me dire ça à Ramallah, sans avoir de visa, en parlant un français basique, si c' est pas de l'idéalisme...

Munther est brillant, bien que ce ne soit pas encore tout à fait le cas de son français donc. Il parle de dents avec un enthousiasme adorable. Et il parle de sa mère qui vit à Jénine avec une tendresse assez déconcertante. Mais il parle beaucoup, donc on a pas vraiment le temps de se Dolto-questionner. Une fois lancé, malgré une légère tendance au bégaiement, plus moyen de l'arrêter. Et le charivari de mots français, anglais, arabe est génial.

Comme beaucoup de ses compatriotes il se fait beaucoup de souci pour moi. Pas mariée, pas même fiancée, peu portée sur la viande, et pas vraiment prude. Autant parler d'un Alien. Mais contrairement à ma « conversation partner » de l' Université, il ne s'en offense pas. On est à la limite de la fascination. Pas comme si j'étais un Pokémon sur-homme nietzschéen, plutôt comme si j'étais complètement inconsciente. Ce qui nous amène à des échanges désopilants.


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Publié à 08:19, le 14/10/2008, Ramallah
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Sami le Salami

 


Je n'ai pas encore parlé de mon ami Sami le Salami (mate la quasi assonance). Sami Sha'ath est mon professeur d'arabe, et en révisant pour mon dernier contrôle, je me suis aperçue que le champ lexical dans lequel il nous a enseignés le plus de vocabulaire est la nourriture. Et le top 3: Nourriture/ Famille/ Situation Politique de la Palestine.

Donc je maîtrise : tomate, ma tante du côté de mon père, le ministère de l'Intérieur Israëlien.

Florilèges des exemples utilisés dans le livre de grammaire:

  • Le soldat va à la guerre

  • La famille palestinienne est au checkpoint

  • La Cisjordanie est sous occupation

Sami a aussi un talent pour le mîme, adore expliquer des points de civilisation à travers le récit de sa vie (à moins que ce ne soit l'inverse?), et s'émeut en décrivant des aliments. Il n'est pas seulement hilarant, il est aussi le genre "puits de culture inépuisable" (humour). Sérieusement Sami Sha'ath est un peu mon Eric Cobast palestinien.


C'est quand même autre chose qu' « Apprenez l'arabe en dix minutes par jour ».


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Publié à 07:36, le 13/10/2008, Ramallah
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